Quand il mit le pied à Paris, ce 4 septembre 1980, sans avoir fermé l'œil, et qu'il passa la douane en échappant aux questions, Chris s'estima sauvé. « On ne viendra pas me chercher ici, tout est derrière moi. Hourra ! » Il s'enfuit aux toilettes pour exécuter une danse de joie, comme s'il venait de gagner à nouveau. Devant le tapis roulant qui vomissait les valises, il examina le monde avec bienveillance, dans un esprit de retrouvailles, séduit par les larges murs blancs, les sols marbrés, les chromes immaculés, le plafond ajouré qui filtrait la lumière mercurienne de Paris. Soudain, derrière les hautes vitres, dans le hall public, il aperçut sa mère. Elle le guettait. Inquiétée par le retard, angoissée de ne pas voir son unique enfant, elle jetait des regards désespérés autour d'elle. Quelle détresse ! Quel amour derrière ce trouble... Il tressaillit. À Sydney une mère allait apprendre, avec le même visage bouleversé, la disparition de son fils. Foudroyé par l'évidence, il conçut alors qu'Axel venait de mourir, et que lui, Chris, était son assassin.
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