Actualité - Portrait - Littérature - Théâtre - Audiovisuel - Contact
Littérature
Critiques   Publications   Extrait   Résumé  

> Romans

- La Secte des Egoïstes
- L'Evangile selon Pilate
- La Part de l'autre
- Lorsque j'étais une oeuvre d'art
- Ulysse from Bagdad

> Récits

- Milarepa
- M. Ibrahim et les fleurs du Coran
- Oscar et la dame rose
- L'enfant de Noé
- Le sumo qui ne pouvait pas grossir

> Nouvelles

- Odette Toulemonde et autres histoires
- La rêveuse d'Ostende
- Concerto à la mémoire d'un ange

> Essais

- Diderot ou la philosophie de la séduction
> Le bruit qui pense
- Ma Vie avec Mozart
- Quand je pense que Beethoven est mort alors que tant de crétins vivent
Eric-Emmanuel-Schmitt

Quand il mit le pied à Paris, ce 4 septembre 1980, sans avoir fermé l'œil, et qu'il passa la douane en échappant aux questions, Chris s'estima sauvé. « On ne viendra pas me chercher ici, tout est derrière moi. Hourra ! » Il s'enfuit aux toilettes pour exécuter une danse de joie, comme s'il venait de gagner à nouveau.

Devant le tapis roulant qui vomissait les valises, il examina le monde avec bienveillance, dans un esprit de retrouvailles, séduit par les larges murs blancs, les sols marbrés, les chromes immaculés, le plafond ajouré qui filtrait la lumière mercurienne de Paris. Soudain, derrière les hautes vitres, dans le hall public, il aperçut sa mère. Elle le guettait. Inquiétée par le retard, angoissée de ne pas voir son unique enfant, elle jetait des regards désespérés autour d'elle. Quelle détresse ! Quel amour derrière ce trouble...

Il tressaillit.

À Sydney une mère allait apprendre, avec le même visage bouleversé, la disparition de son fils.

Foudroyé par l'évidence, il conçut alors qu'Axel venait de mourir, et que lui, Chris, était son assassin.

 

Antigone Boutique
© Antigone (Bruxelles) 2005-2008 - Vie privée - Website: zero-gravity