M. Ibrahim et les fleurs du Coran

Résumé

Deuxième volet du cycle de l'invisible

À treize ans, Momo se retrouve livré à lui-même.
Il a un ami, un seul, Monsieur Ibrahim, l'épicier arabe de la rue Bleue.
Mais les apparences sont trompeuses:
La rue Bleue n'est pas bleue.
L'Arabe n'est pas arabe.
Et la vie n'est peut-être pas forcément triste....

 

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Commentaires

« Il y a des textes qu'on porte »

Il y a des textes qu'on porte si naturellement en soi qu'on ne se rend même pas compte de leur importance. On les écrit comme on respire. On les expire plus qu'on ne les compose.

Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran fait partie de ceux-là. Ecrit en quelques jours sur un coin de table pour faire plaisir à un ami, il s'imposa à moi sans bruit et sans effort. Jamais je n'aurais pu imaginer qu'il connaîtrait tant de succès ni qu'il ferait le tour du monde ; encore moins que dans beaucoup de pays, je deviendrai désormais " l'auteur de Monsieur Ibrahim ".

Bruno Abraham-Kremer, ami et comédien, vint passer quelques jours chez moi, dans ma maison irlandaise, après un voyage en Turquie durant lequel il avait marché dans les paysages arides de l'Anatolie, visité des monastères soufistes, tourné avec les derviches pour prier… Il revenait tout imprégné de poèmes mystiques liés à l'Islam. Nous nous sommes mis à parler de Rumi, ce magnifique sage et écrivain, de l'humilité qu'il conseille, de la danse comme une prière. Au fur et à mesure que nous échangions, ma pensée s'élevait sur un tapis volant du côté de l'Orient.

Puisque une vie sage a souvent ses racines dans l'enfance, nous avons évoqué nos grands-pères, nous rendant compte qu'ils nous avaient marqués autant que nous les avions aimés. Sous les figures riantes et apaisées de nos aïeux, Monsieur Ibrahim montrait déjà son nez. Puis Bruno me raconta son roman familial, j'évoquais le mien…

Lorsque Bruno Abraham-Kremer me quitta, je lui promis que je lui écrirai un jour un texte qui mêlerait notre amour de cet Islam et les souvenirs de notre adolescence. En réalité, à peine était-il dans l'avion que je commençais à gribouiller. Momo parlait tout seul. Je n'avais qu'à écouter tout ce qu'il me dictait. Une semaine plus tard, j'appelais Bruno Abraham Kremer au téléphone.

- J'ai fait le texte que je t'avais promis.
- Ah, oui… tu as commencé ?
- Non, j'ai fini. Où es-tu ?
- A Paris. Dans la rue.
- J'ai envie de te le lire. Y a-t il un banc près de toi où tu pourrais t'asseoir ?
- Non. Mais il y a le bord du trottoir. Voilà, j'ai les pieds dans le caniveau : je t'écoute.
Et je lui lus d'une traite les aventures de Momo et de Monsieur Ibrahim. De temps en temps, pour m'encourager, il riait. Parfois, je ne l'entendais plus.
- Tu es toujours là ? Tu m'entends encore ?
- Je pleure…

A la fin, je conclus la conversation en lui disant que s'il voulait dire ce texte sur scène, je le lui offrais.
Immédiatement, je songeais à autre chose et me plongeais dans une nouvelle écriture. Pour moi, l'affaire était close. Texte de cœur écrit par cœur, Monsieur Ibrahim demeurait dans une sphère intime, je ne songeais pas vraiment à donner, sinon éventuellement au théâtre, une destinée publique à ce texte.
On ne me laissa pas faire.
Mes proches, mes amis, mon éditeur, tout le monde s'enthousiasma pour ce texte. Loin de me faire plaisir, ça m'agaçait un peu tant les compliments me paraissaient exagérés : pourquoi s'excitent-ils sur ces pages qui ne m'ont rien demandé alors que d'autres m'ont fait transpirer tant d'heures ? Comme tout être humain, j'aime ce qui m'a coûté, ce qui a exigé des efforts car j'y gagne l'estime de moi-même.
J'avais tort. La sueur n'est pas l'indice du talent. Le naturel vaut souvent mieux que force labeur, l'artiste doit admettre que certaines choses lui soient faciles : voilà ce que m'a appris le destin de Monsieur Ibrahim.

Qui sont Momo et Monsieur Ibrahim ?
Deux êtres auxquels personne ne prête attention. Momo, enfant solitaire, n'a plus qu'un père qui mérite à peine ce nom tant son état dépressif l'empêche de prendre soin de son fils, de l'éduquer, de l'instruire, de lui transmettre l'envie de vivre et ses principes. Quant à Monsieur Ibrahim, on lui demande juste de rendre la monnaie correctement. Ces deux êtres vont modifier leurs vies en se regardant. Cette rencontre va les enrichir comme jamais. On a beaucoup glosé sur le fait que l'enfant est juif et l'épicier musulman. On a raison. C'est très intentionnel de ma part. Par là, j'ai à la fois voulu témoigner et provoquer.

Témoigner car dans de nombreux lieux de la terre - des capitales européennes, des ports, des villes américaines, des villages du Maghreb - il y a une cohabitation harmonieuse d'êtres ayant des origines différentes, des religions différentes. A Paris, dans la rue Bleue où se passe cette histoire, une rue que j'ai habitée et qui n'est définitivement pas bleue, résidaient une franche majorité de juifs, quelques chrétiens et des musulmans. Ces citadins partageaient non seulement la rue, mais le quotidien, la joie de vivre, les ennuis, la conversation... Des amitiés ou des sympathies se nouaient entre gens qui venaient d'un peu partout, soit géographiquement, soit spirituellement.

Dans ce quartier populaire sous Montmartre, j'avais le sentiment de vivre dans un lieu riche et foisonnant, où les cultures se rencontraient, s'intéressaient les unes aux autres, plaisantaient de leurs différences, comme par exemple le vieux médecin juif qui expliquait à l'épicier musulman qu'il ne fêterait le Ramadan que s'il vivait en Suède, là où il fait nuit dès trois heures de l'après midi. Or l'actualité journaliste ne se fait l'écho qui de ce qui ne va pas, jamais de ce qui fonctionne bien. Ainsi réduit-elle de façon pernicieuse le rapport juif-arabe au conflit israëlo-palestinien, négligeant les plages d'entente et de cohabitation pacifique, accréditant l'idée d'une opposition irrémédiable. Sans nier le tragique du conflit, il ne faut cependant pas confondre le véritable bruit du monde avec une partie du monde, ni avec le fracas journalistique et politique. Il me semblait important de raconter une histoire heureuse de fraternité. Un de mes plus grandes fierté fut de découvrir que, par exemple, en Israël, les partisans de la paix, arabes, chrétiens et juifs, se servent de Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran pour tenter de propager leurs espoir, le faisant jouer dans le même théâtre en alternance, un soir dans sa version arabe, un soir dans sa version hébreu…

Ma provocation fut de donner une image positive de l'Islam au moment où les terroristes défiguraient cette foi en se livrant à des actes immondes. Si actuellement l'islamisme insulte l'Islam, si l'islamisme infecte la planète, il nous faut d'urgence distinguer l'Islam et l'islamisme, arracher de nos coeurs cette peur irrationnelle de l'Islam et empêcher que l'on confonde une religion dont la sagesse millénaire guide des millions d'hommes avec la grimace excessive et mortifère de certains agitateurs.
Les histoires ont leur rôle à jouer dans notre vie intellectuelle, même les petites histoires qui présentent de petits personnages. L'amour qui unit Monsieur Ibrahim et Moïse, parce qu'il advient simplement dans des êtres de chair et de sang dont les sentiments nous sont proches, abolit notre peur de l'autre, cette peur de ce qui ne nous ressemble pas.
Monsieur Ibrahim apprend des choses essentielles à Momo : sourire, converser, ne pas trop bouger, regarder les femmes avec les yeux du cœur, pas ceux de la concupiscence. Il l'emmène dans un univers plus contemplatif et lui fait même accepter l'idée de la mort. Tout cela, Monsieur Ibrahim l'a appris de son Coran. Il aurait pu l'apprendre ailleurs mais lui l'a appris de son Coran. " Je sais ce qu'il y a dans mon Coran " dit-il sans cesse.

Lorsqu'il récupérera son vieil exemplaire, Momo découvrira ce qu'il y avait dans le Coran de Monsieur Ibrahim : des fleurs séchées. Son Coran, c'est autant le texte que ce que Monsieur Ibrahim y a lui-même déposé, sa vie, sa façon de lire, son interprétation. La spiritualité ne consiste pas à répéter mécaniquement les phrases à la lettre, mais à en saisir le sens, à en comprendre l'esprit, les nuances, la portée… La spiritualité vraie ne vaut que par un mélange d'obéissance et de liberté. Voici donc enfin l'explication qu'on me demande toujours, l'explication de ce mystérieux titre, Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran.

Bruxelles, 16 novembre 2004
Eric-Emmanuel Schmitt

Critiques

Le Soleil (Canada) - « Le jardinier de la tolérance »

OTTAWA — L’écrivain français Éric- Emmanuel Schmitt raconte une amitié entre un juif et un musulman en lui donnant une profondeur spi- rituelle. Avec Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran, il incarne sur scène cette fable qu’il a écrite en 1999, dans un contexte où le rap- port à l’islam était tout autre. Récit d’un succès de librairie en tournée internationale avec son auteur, fer- vent défenseur de la tolérance.


Éric-Emmanuel Schmitt est difficile à attraper. «Rappelez dans cinq minutes, je m’occupe de mes valises.»


En Belgique où il réside désormais, l’auteur, philosophe et acteur doit gérer un programme marathonien depuis fin septembre. La Bulgarie, avant Florence la semaine suivante, puis l’Asie, où il a enchaîne les représentations de Monsieur Ibrahim... Le Centre des arts Shenkman constitue sa toute première date au Canada, le 16 novembre (la représentation affiche complet), lors d’une tournée automnale presque sans répit jusqu’à Noël.


C’est la rançon d’un immense succès qui porte aussi bien sur sa pièce Le journal d’Anne Franck, présentée l’an dernier à Québec, que sur le Concerto à la mémoire d’un ange (prix Goncourt de la nouvelle) et l’ensemble de ses romans au lectorat international, traduits dans une cinquantaine de langues. En dénominateur commun, un questionnement au long cours sur la spiritualité, et ce vaste corpus de romans, pièces de théâtre et scénarios qui ont fait de lui l’un des auteurs les plus lus de la francophonie. Il a d’ailleurs rejoint cette année le jury du prix Goncourt. Avec
Monsieur Ibrahim..., pièce écrite pour l’acteur Bruno Abraham-Kremer, il aborde l’islam, plus précisément sa variante mystique, le soufisme, «avec sa façon de prier en dansant comme des derviches tourneurs». Et raconte une amitié lentement apprivoisée entre un adolescent juif, Moïse, et un vieil arabe qui tient une épicerie, rue Bleue, à Paris.


VOYAGE INITIATIQUE


«Monsieur Ibrahim, c’est un sage qui va jeter son regard sur cet adolescent violent et perdu, nous résume M. Schmitt. Un échange de regards va bouleverser leurs vies. On aurait tous besoin de la sagesse, de la tendresse et de la bienveillance de M. Ibrahim.»
Nous suivons Momo et Ibrahim, l’un garçon sans foi ni loi, abandon- né par son père, l’autre vieux sage musulman en quête de sagesse intérieure, le cœur rivé sur son coran. D’anecdote en anecdote, se découvre le Paris des prostituées de la rue de Paradis, mais également celui des amitiés fortes, des coups durs, de la solidarité entre voisins et des rêves à accomplir. Un voyage initiatique aboutissant sur l’ouverture à l’autre et l’amour de soi, le seul qui permette de se réconcilier avec ses démons.
«Quand j’ai écrit la pièce en 1999, le rapport à l’islam en France relevait de l’indifférence. Aujourd’hui, dans un contexte de crispations identitaires, jouer cette pièce signifie lutter pour la tolérance, la bienveillance et l’entente entre les cultures. C’est devenu un acte courageux.»


OUVERTURE AUX RELIGIONS


Avec ce texte, Éric-Emmanuel Schmitt signe le deuxième opus de son cycle de l’invisible, abordant le thème des différentes religions par l’intermédiaire de six romans. Son dernier ouvrage, L’homme qui voyait à travers les nuages, s’inscrit également dans ce cycle dédié aux mystères de l’univers et à la spiritualité. On y retrouve Momo ou Mohammed, «un Moïse qui aurait mal tourné», frère du terroriste mis en scène dans le roman.
«J’écris toujours pour comprendre, dit l’auteur. Cette fois, j’ai voulu enquêter sur la violence : vient-elle des hommes ou des religions?»
Homme de réflexion, de paroles et de réconciliation, Éric-Emmanuel Schmitt a expliqué son attrait pour la spiritualité dans son précédent livre, La nuit de feu, ou l’histoire d’un jeune philosophe pénétrant dans le Sahara athée et qui en ressort croyant.
«Il faut bien reconnaître que je suis l’un des rares écrivains non hostiles aux religions.»
Avec Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran, l’auteur signe une rêverie majeure sur l’humain et son désir de spiritualité en s’autorisant des pointes d’humour.

Maud Cucchi

Le Figaro - « Théâtre Rive Gauche 2012 - Francis Lalanne donne une délicieuse leçon de tolérance »

Anne Bourgeois dirige à la perfection Francis Lalanne dans la reprise du texte d'Éric-Emmanuel Schmitt, Monsieur Ibrahim et les Fleurs du Coran.

Lorsque l'on a aimé un texte, lorsque l'on a aimé le spectacle qui vous l'a fait connaître, on craint toujours un peu les nouvelles versions. Pour toujours, Bruno Abraham-Kremer, qui l'a inspiré à Éric-Emmanuel Schmitt et qui l'a créé en 2001, est lié à ce conte délicieux qu'est Monsieur Ibrahim et les Fleurs du Coran. On ne l'oublie pas. Le temps a passé. François Dupeyron signa en 2003 un film charmant qui réunissait Omar Sharif et le jeune Pierre Boulanger. Aujourd'hui, au Rive-Gauche, à Paris, Éric-Emmanuel Schmitt inaugure sa programmation de codirecteur en confiant à Anne Bourgeois le soin d'une mise en scène nouvelle.

Dans un décor simple et harmonieux de Nicolas Sire qu'animent lumières et musiques très bien choisies, la jeune femme dirige Francis Lalanne. Ce travail est remarquable. On devine à chaque mot, à chaque mouvement, l'entente profonde du metteur en scène et de l'interprète.

Francis Lalanne a mûri. Le visage est sculpté en douceur. Pommettes, méplats, profil, regard sombre, l'artiste a quelque chose d'un Indien Comanche. Mais c'est un homme venu du Croissant d'or, qu'il incarne.

La part belle aux sourires

Monsieur Ibrahim, épicier musulman de la rue Bleue, est un personnage magnifique. Le tout jeune garçon qui est ici le narrateur, Moïse dit Momo, est tout aussi extraordinaire. L'adolescent n'a jamais connu sa mère. Il est élevé par un père avocat qui n'a guère de temps. C'est un analphabète des sentiments. Il ne sait pas les exprimer. Il blesse l'enfant sans même s'en rendre compte. Un jour il disparaîtra. Momo trouvera plus de liberté encore dans cet abandon. Belle histoire d'amitié, de transmission, beau dialogue entre deux générations et deux religions. Rien de mièvre en tout cela. Rien de lénifiant.

D'abord, et on l'entend, l'écriture est d'une grande tenue. Il y a là un ­style, une encre. Il y a là une manière de raconter tout à fait originale. Le récit fait la part belle aux sourires, aux rires. Monsieur Ibrahim et Momo sont des êtres rares et pleins d'esprit. Ils sont drôles. Ils affrontent la gravité des événements, la cruauté du monde avec noblesse. Ils sont dignes, irrésistibles, bouleversants. Francis Lalanne, présence forte, voix très harmonieuse, maîtrise toutes les nuances d'une partition délicate. L'imagination d'Anne Bourgeois fait merveille. Ensemble, ils osent beaucoup. C'est très drôle et très déchirant. Du grand théâtre.

Armelle Heliot

Le Pariscope - « Théâtre Rive Gauche 2012 - Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran. »

Ce récit initiatique d’Eric-Emmanuel Schmitt, écrit à la manière de « La vie devant soi » de Gary-Ajar, est un hymne à la vie rempli d’humour et de tendresse. Cela se passe dans les années 60. Momo, 13 ans, est livré à lui-même, abandonné par sa mère et incompris par un père qui ne sait plus aimer. Son seul ami est monsieur Ibrahim, l’épicier arabe de la rue Bleue. L’épicier arabe n’est pas arabe, car «dans le commerce, Arabe ça veut dire ouvert de 8h à minuit, tous les jours même le dimanche! » Monsieur Ibrahim est soufi, Momo est Juif, et ce n’est pas incompatible pour s’entendre. De la boîte de conserve au simple conseil, on trouve tout chez monsieur Ibrahim, surtout des tonnes d’affection. A l’origine, le projet de reprendre ce beau texte d’Eric-Emmanuel Schmitt avec Francis Lalanne seul en scène nous avait laissés dans l’expectative. Après la prestation de Bruno Abraham-Kremer à la création, les talents de comédien de Francis Lalanne nous semblaient faibles. Très vite, le bouche-à-oreille a fonctionné, faisant courir le bruit que sa prestation était des plus remarquables. Et notre curiosité a été piquée…Il y a une véritable rencontre entre Francis Lalanne et le récit de Schmitt. Très juste dans les changements de personnage, dans les nuances des sentiments, il captive. Le seul reproche, mais en est-ce vraiment un : la sensiblerie prend le dessus au moment du récit du voyage en Turquie et de la mort de monsieur Ibrahim. En revanche, le comédien est parfait dans toute la partie sur la rue Bleue, qu’il soit Momo, avec cette solitude pesante, ce besoin de tendresse, ou Ibrahim, la sagesse incarnée. La direction d’acteur tout comme la mise en scène d’Anne Bourgeois ont porté leurs fruits. Le décor de Nicolas Sire, les lumières de Laurent Béal, le costume de Pascale Bordet, et la création musicale de Jacques Cassard contribuent à donner cette touche pleine de tendresse et de nostalgie.

M-C.N.

Le Figaro - « Théâtre Rive Gauche 2012 - Un coeur gros comme ça... »

Voilà bien un spectacle consensuel, œcuménique même, inondé de bons sentiments, comme sait
faire Eric-Emmanuel Schmitt.
Il raconte l'histoire d'un gamin parisien, un petit Juif déluré élevé par un père indifférent et adopté par un épicier musulman de quartier, un vieux sage solitaire et généreux qui lui apprend la vie, ses misères et ses beautés. Bruno Abraham-Kremer avait jadis révélé ce texte. Francis Lalanne le reprend  aujourd'hui et le porte au sommet de son humaine tendresse, avec dans le sourire, les yeux, la voix, l'allure, une fraîcheur et une innocence incroyables. C'est un bonheur. Anne Bourgeois le met en scène amoureusement, avec cette délicatesse du coeur qu'on lui connaît.
Cela se passe au Théâtre Rive Gauche, que vient de reprendre Eric-Emmanuel Schmitt, ce qui est une bonne nouvelle. Avant ce spectacle, la petite Savary, Nina, fille de Jérôme, se produit dans un récital de chansons de marins. Elle a une jolie voix, tout à la fois légère et grave, et beaucoup de charme.

Philippe Tesson

Télérama - « Théâtre Rive Gauche 2012 - Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran »

Une dizaine d'années après la belle interprétation donnée par Bruno Abraham-Kremer du texte d'Eric-Emmanuel Schmitt, on redécouvre avec Francis Lalanne l'histoire de Momo, l'enfant juif devenu l'ami de l'épicier arabe de la rue Bleue. Dans le contexte actuel, le message fraternel du texte se révèle encore plus pressant. Il vise juste, avec tendresse et générosité. Francis Lalanne a de la lumière et de l'enfance en lui. Il nous emporte dans les méandres de cette belle histoire d'un fils de déporté adopté par un vieux musulman.

 

Sylviane Bernard-Gresh

L'Indigo Mag - « Théâtre Rive Gauche 2012 - Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran. »

Sur scène, Francis Lalanne ... est seul pour incarner les deux personnages. Tantôt enfant, tantôt vieil homme, il jongle à qui mieux mieux dans ces dialogues qui s’enchaînent et tient le texte avec célérité et émotion. Un exercice de haute voltige et un débit ininterrompu pendant presque deux heures. Il se donne à fond, avec la sensibilité qu’on lui connaît. Parfois un peu débordante il est vrai car ses larmes ne sont jamais bien loin. Le ton lui aussi s’emporte un peu trop quand il faudrait qu’elle murmure mais on salue cette très honnête performance d’artiste. La salle est d’ailleurs transportée à la fin et les applaudissements sont mérités.

 

 

Catherine Gary

Le Pariscope - « hymne à la vie »

Eric-Emmanuel Schmitt a écrit un " hymne à  la vie. ", plein de tendresse. Le parcours initiatique de Momo devient un peu le nôtre. C'est aussi une promenade dans le Paris populaire des années 60 où l'on croise des putes au grand coeur. L'écriture d'Eric-Emmanuel Schmitt est belle, Il y a de la folie comme chez Romain Gary. [...]

Il nous donne vraiment envie d'être heureux !

Marie-Cécile Nivière

Le Point - « Une vision noble et conciliante de l'humanité. »

Une vision noble et conciliante de l'humanité. Un spectacle à  recommander à  tous ceux qui croient que l'Islam est une religion hystérique. 

Frédéric Ferney

Actualité Juive - « Une rencontre entre Orient et Occident. »

Une rencontre entre Orient et Occident. [...] Véritable hymne à  la tolérance, à  la convivialité aussi bien entre deux êtres d'origine différentes mais aussi entre un enfant et un adulte, ce texte nous rafraîchit et nous enchante.

Michèle Lévy-Taieb

La Tribune - « A l'heure où la paix agonise au Moyen Orient »

A l'heure où la paix agonise au Moyen Orient, ce spectacle jubilatoire qui traite des relations interreligieuses parvient à  dynamiter pièges et clichés, évitant ainsi de sombrer dans l'angélisme gnangnan ou le parti pris énervant. [...]

Une pièce truculente à  déguster en famille.

Yasmine Youssi

Impact Médecine - « Chemin faisant, monsieur Ibrahim ... »

Chemin faisant, monsieur Ibrahim transmettra à  Momo le sésame du " véritable amour de soi " qui seul permet de se réconcilier avec soi-même, et donc avec les autres. Son épicerie est une corne d'abondance.

Jean-Michel Ulmann

Paris-Match - « A l'heure où le monde vibre plus que jamais des fanatismes ... »

A l'heure où le monde vibre plus que jamais des fanatismes de tous bords, où la religion prend les armes de la conquête , voici un magnifique spectacle en forme de conte qui réconcilie l'homme avec lui-même. [...] Le texte d'Eric-Emmanuel Schmitt est d'une simplicité et d'une humanité bouleversante. [...] On rit, on pleure, c'est prodigieux !


Hélène Kuttner

Le Figaro - « La fable est belle et toute en volutes ... »

La fable est belle et toute en volutes : de l'aîné à l'enfant, du soufisme au jeune juif, deux fils qui s'enlacent formant un ruban moiré tout en sensibilité, notations profondes. Il y a du sens mais aussi la joie libre des histoires enchantés.

Armelle Héliot

Le Figaro Madame - « Eric-Emmanuel Schmitt a écrit un texte tout en drôlerie, douceur et gravité ... »

Eric-Emmanuel Schmitt a écrit un texte tout en drôlerie, douceur et gravité, qui nous mène de la rue Bleue à Paris au croissant d'or. [...] Gravité et fantaisie se mêlent dans ce spectacle au charme envoutant, en forme de voyage initiatique qui débouche sur l'amour de soi, le seul qui permette de se réconcilier avec les autres. [...]
On suit cette histoire avec l'envie que ça ne finisse pas.
Un régal.

Marion Thébaud

L Express - « Bijou d'écriture, d'émotion, d'humour ... »

Bijou d'écriture, d'émotion, d'humour au service d'une histoire d'amour toute simple entre Momo, petit garçon juif, et le vieil épicier arabe de la rue Bleue à Paris. Eric-Emmanuel Schmitt dévoile là son altérité. Acrobate sur le fil, il réalise le rêve de Flaubert : " Ce qui me semblerait beau serait de faire un livre sur rien, sans attache extérieure. "

Martine de Rabaudy

Le Figaro - « C'est un conte à la Dickens. »

C'est un conte à la Dickens. Nous sommes à Paris, dans les années soixante. Momo treize ans, orphelin, a un seul ami, M. Ibrahim, l'épicier arabe de la rue Bleue. Façon de parler car la rue Bleue n'est pas si bleue et M. Ibrahim, s'il est musulman, n'est pas arabe mais turc. [...]
On est ému plus qu'on ne voudrait. A la fin, même si l'on n'est pas convaincu, on est bouleversé.

 

 

Frédéric Ferney

Publications

  • En langue Albanaise, publié par Asdreni
  • En langue allemande, Editions Ammann Verlag en 2003, traduit par Annette et Paul Bäcker et en live de poche chez Fisher
  • En langue anglaise, Editions Methuen
  • En langue arabe, paru aux Editions Dar Al Shorouk
  • En langue basque, paru aux Editions Erein Argitaletxea, 2006
  • En langue bulgare, paru chez Lege Artis Publishing House
  • En langue Castillane, paru aux Editions Ediciones Obelisco en 2003 et chez Ediciones Destino en 2007 en livre de Poche
  • En langue Catalane, paru aux éditions Cruilla
  • En langue chinoise, paru aux Editions Eurasian Publishing en 2005, traduit par Lin Ya-Fen
  • En langue coréenne, paru chez Munkhak Segye-sa publishing co en 2005, traduit par Rosa Han
  • En langue danoise, paru aux Editions Bjartur/HR Ferdinand en 2004, traduit par Elisabeth Ellekjaer
  • En langue estonienne, paru aux Editions Varrak
  • En langue finnoise, paru aux Editions Like Publishing en 2005, traduit par Mrja Haapio
  • En langue galicienne, paru aux Editions Faktoria K de Libros (Vigo- Pontevedra)
  • En langue géorgienne, paru aux éditions Bakur Sulakauri
  • En langue grecque, paru aux Editions Opera Book en 2002
  • En langue hébraïque, paru aux Editions Kinneret-Zmora-Dvir Publilshing en 2002
  • En langue hongroise, paru aux Editions Europa konyvkiado en 2005, traduit par Balla Katalin
  • En langue islandaise, paru aux éditions Bjartur Reykjavik en 2004, traduit par Guorun Vilmundardottir pyddi
  • En langue italienne, paru aux Editions Edizioni e/o Roma en 2003, traduit par Alberto Bracci Testasecca
  • En langue japonaise, paru aux Editions yumiko Ban en 2004
  • En lituanien, Editions Alma littera, 2005
  • En langue néerlandaise, paru chez Uitgeverij Atlas en 2004, traduit par Eef Gratama
    Paru chez Wolters-Noordhoff (Edition scolaire) en français, 2007
  • En langue norvégienne, paru aux Editions Lanser Forlag en 2002, Traduction Willy Flock
  • En langue perse
  • En langue polonaise, paru aux Editions Wydawnictwo Znak en 2004, traduit par Barbara Grzegorzewska
  • En langue portugaise, paru aux Editions Ambar en 2003, traduit par Carlos Correia Monteiro de Oliveira
  • En langue portugaise (Brésil), paru aux Editoria Nova Fronteira en 2003, traduit par Jannaina Senna
  • En langue roumaine, paru chez Humanitas en 2007
  • En langue russe, paru aux Editions Azbuka en 2004
  • En langue serbe, paru aux Editions Laguna en 2001, traduit par Ana Stosic
  • En langue slovène, paru aux Editions Vale-Novak
  • En langue suédoise, paru aux Editions Storm Forlag en 2004, traduit par Till Svenska et Asa Larsson
  • En langue turque, paru aux Editions Bilge Kültür Sanat en 2004, traduit par Bahadirhan Bozkurt
  • En langue Ukrainienne, paru chez Calvaria

Au théâtre

  • Allemagne: Monsieur Ibrahim und die Blumen des Korans
    Traduction: Annette und Paul Bäcker
    Aachen, Grenzlandtheater, 2005
    Bad Godesberg, Kleines Theater, 06/07
    Bad Salzuflen, 2005
    Berlin, Tertianum Residenz, 2005
    Berlin, Andreas Loos, 2005
    Berlin, Werkstattbühne,04/05/06
    Bielefeld, Dieter Grell 04/05
    Bonn, Theater der Jugend, 2005
    Bremen, Andrea Zoog, 2005
    Burghofbuhne Landestheater, 2001
    Cottbus, Stadttheater, 03/04
    Dessau, Eine-Welt-Verein, 2005
    Dresden, Societätstheater, 2005
    Düsseldorf, Rolf Fuchs, 2005
    Düsseldorf, Schauspielhaus Kinder & Jugendtheater
    Frankfurt, Theater Tamen, 2005
    Gera/Altenburg, Landestheater, 2009
    Germering, Rossstalltheater
    Giessen, Stadttheater 2007,2008, 2009
    Halle, Kulturhalle 2006/07
    Harsewinkel, Dieter Grell, 2005
    Heilbronn, Theater, 2009/2010
    Herford, Dieter Grell, 2005
    Innsbruck, Kellertheater, 2005
    Jürgen Heimüller, 2005
    Krefeld und Mönchengladbach, Vereinigte Bühen, 04/05
    Köln, Theater Arcadia 04/05
    Landshut, Kleines Theater 04/05
    Lehan, Hermann, 2005
    Leipzig, Theater der jungen Generation 04/05
    Manheim, Nationaltheater-Shnawwl, 2009
    München, Tournée American Drama Group, 2009/2010
    Neuss, Moment Theater 04/05
    Neuwied, Landestheater Rheinland-Pfalz, 05/06
    Northeim, Dieter Grell 2005
    Oldenburg, Theater Laboratorium 04/05/06
    Pforzheim, Stadttheater, 2009
    Regensburg, Stadttheater, 04/05
    Stuttgart, Forum Theater, 2005
    Stuttgart, Schauspielbühnen, 2009/2010
    Tübingen, Zimmertheater, 2009
    Ulm, Theaterei Herrlingen, 2005
    Würzburg, Stadtheater, 01/02
  • Argentine
    Buenos Aires, Théâtre de l’Amia, 2003
    Buenos Aires, Centro Cultural de España, tournée en Amérique Latine, 2008
  • Autriche
    Innsbruck, Kellertheater 04/05
    Vienne, Th in der Drachengasse 03
  • Belgique
    Bruxelles, Théâtre le Public, 2005,2006, 2007
    Ittre, Théâtre de la Valette, 06
    Avec Michel Kacenelenborgen, mise en scène Olivier Massart, tournée nationale 2007
    Liège, Théâtre de Place, 21 mai 2008, soirée de gala
  • Bulgarie : Monsieur Ibrahim et les Fleurs du Coran
    Traduction : Snéjina Roussinova-Zdravkova
    Sofia, Théâtre National Yvan Vasov, 04/06
  • Chile: El señor Ibrahim y las flores del Corán
    Santigo de Chile, tournée en Amerique Latine, 2008
  • Espagne: El señor Ibrahim y las flores del Corán
    Madrid, Verteatro, 04/05 + tournée nationale
    Madrid, Teatro Maria Guerrero, 2006
  • Etat-Unis
    New York, McGinn-Cazale Theatre, the Play Cy, 2001
    New York, reprise 2003
  • France: Monsieur Ibrahim et les Fleurs du Coran
    Avignon, Festival off, Théâtre des Halles, juil 01
    Châtenay-Malabris, Théâtre de la Piscine, 1999
    Paris, Studio des Champs-Elysée, 2002
    Cado Orléans, 2003
    Paris, Théâtre Marigny, Salle Popesco, en permanence de 99 à 06
    Paris, Théâtre Rive Gauche, 2012
  • Israël
    Tel Aviv, Th Habimah alternativement en langues hébraïque et arabe, 03/04
  • Italie
    Turin, Teatro Juvarra 04/05 + tournée nationale
    Milano, Lux teatro 06 + tournée
  • Japon
    Tokyo, Hakuhinkan Theatre lectures 2005
    + tournée nationale de lectures en 2006
  • Luxembourg
    Luxembourg, Théâtre Ouvert, 2005
  • Pays-Bas: Meneer Ibrahim en de bloemen van de Koran
    Beermuziektheater, tournée nationale 05/07
  • Paraguay: El señor Ibrahim y las flores del Corán
    Asunción, Centro Cultural de España, tournée en Amérique Latine, 2008
  • Perú: El señor Ibrahim y las flores del Corán
    Lima, tournée en Amerique Latine, 2008
  • Portugal: O Senhor Ibrahim e as Flores do Corão
    Coimbra, Théâtre Académique de Gil Vicente, 2007-2008 
  • Puerto Rico
    San Juan, Teatro de la Comedia, 2005
  • Royaume-Uni
    London, Soho Theatre, lectures 02
    London, Bush Theatre, 2005 + Edinburgh Fringe Festival été 2006 + tournée
  • Suisse francophone
    Genève, Théâtre de Poche, 06/07
  • Suisse alémanique : Monsieur Ibrahim und die Blumen des Korans
    Zurich, Viviane Schmid, 2005
  • Turquie
    Traduction : Serap Babur
    Théâtre National, 2003

Extrait vidéo

M. Ibrahim et les fleurs du Coran